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Commentaires

Ouf!! Après avoir été la cible de pirates cybernétiques occupés à spammer le site et à désactiver les contenus (!?!) - trop d'honneur de savoir que l'on peut déclencher ces réactions en parlant simplement d'histoire... : ) le site Castellion 2015 est à nouveau efficace et accessible à tous ! sauf aux robots vendeurs de viagra...
Nejda

Ok, on a compris. C'est la grosse offensive... Pirates de tous bords, craignez la vindicte! Nous avons une fameuse armée de flibustiers attitrés pour parer les attaques... : )

Sortie en librairie du nouveau livre de Christian Buiron:
Sébastien Castellion (1515-1563) Défenseur de la Tolérance et de la Liberté de conscience - histoire du monument de Saint-Martin-du-Fresne érigé par la volonté des francs-maçons, des radicaux-socialistes et des libres croyants.
Editions M&G Bourg-en-Bresse (Ain) France. (ISBN 978-2-35411-025-3)

La préface est de Samuël Tomei, docteur en histoire, auteur de Clémenceau le Combattant et d’une thèse de doctorat d’histoire contemporaine sur Ferdinand Buisson (1841-1932) – Protestantisme libéral, foi laïque et radical-socialisme (prix de l’Assemblée Nationale 2004).

Ce livre traite d’une histoire étonnante et contient également de nombreux textes sur Sébastien Castellion (articles des journaux de l’époque, de larges extraits de la thèse de Ferdinand Buisson et tous les discours prononcés de 1926 et 1953, bref un ensemble de textes qui traitent de la tolérance et de la liberté de conscience.

L’ensemble permet d’avoir une bonne vision de la vie, de l’œuvre et de la pensée de Castellion, l’homme qui s’est levé, seul, contre la violence de Calvin.

Préface

Parmi les figures de la liberté de conscience, certaines restent méconnues qui ne sont pourtant pas les moins nobles ni celles auxquelles nous devons le moins.
Si Michelet notait bien qu’« un pauvre prote d’imprimerie, Châtillon, seul, défendit Servet, et posa pour tout l’avenir la grande loi de tolérance », il fallut attendre la fin du XIXe siècle et la publication de la thèse de Ferdinand Buisson, l’architecte de l’école laïque de la Troisième République, pour qu’on mesure l’importance de Sébastien Castellion, philosophe de la tolérance, de la liberté du sujet, pédagogue novateur, qui risqua sa vie à trop penser en dehors de l’orthodoxie calvinienne.
La vision à Lyon des bûchers où l’on brûla, en janvier 1540, trois luthériens révolta le jeune humaniste âgé de vingt-cinq ans. Il rejoignit la Réforme et, devenu un proche de Calvin, le suivit à Strasbourg puis Genève où il publia les Dialogues sacrés, ouvrage qui fait de lui, selon Charles Nodier, « sous plus d’un rapport, le Fénelon des protestants ». Castellion entreprit une traduction du Nouveau Testament en français que Calvin vit d’un œil suspect. Il commençait de lui échapper. Puis les deux hommes se brouillèrent définitivement : le puîné refusait d’admettre la sainteté du Cantique des cantiques et doutait de l’article du Symbole des Apôtres relatif à la descente de Jésus Christ aux enfers. Castellion, conformément au principe protestant de libre examen, réclamait la liberté d’interprétation, le droit de divergence. Il quitta Genève pour Bâle en 1544 où, pour vivre, il devint le prote évoqué par Michelet.
En 1553, à l’instigation de Calvin, l’antitrinitaire Michel Servet fut brûlé vif à Genève en tant qu’hérétique. Castellion ne partageait pas les idées de l’Espagnol, pour lui aussi un hérétique. Seulement, il ne pouvait accepter qu’on ruine les idées d’un adversaire autrement que sur le terrain de l’argumentation. Dans un ouvrage collectif sur la tolérance des hérétiques, il signa un texte du nom de Martin Bellius – le bellianisme devenant dès lors la bête noire des calvinistes. C’est l’époque où Castellion écrivit son Contre le libelle de Calvin, resté manuscrit jusqu’en 1612 et traduit du latin en français seulement en 1998. Dans ce volume on peut lire ces mots devenus fameux : « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois tuèrent Servet, ils ne défendirent pas une doctrine, ils tuèrent un homme ».
Plus tard, il démontait pièce à pièce la doctrine de la prédestination calvinienne qui suppose la Chute inhérente au plan divin : l’homme est voué au salut ou à la damnation éternelle dès sa naissance. Castellion pensait au contraire que Dieu avait laissé l’homme libre de pécher ou non. Aussi, selon lui, l’homme n’est-il naturellement ni bon ni mauvais mais capable de tout bien, pour peu qu’il le veuille.
Bourreau de travail, il n’a cessé de traduire, d’écrire, entre autres De l’art de douter et de croire, d’ignorer et de savoir, livre dans lequel Buisson verrait une sorte de « préface d’un Discours de la méthode appliqué aux questions théologiques, la démonstration de la légitimité du doute et de sa nécessité ». Ses adversaires, au premier rang desquels Théodore de Bèze, s’acharnèrent contre lui, l’accusant non seulement, à l’instar de Calvin, d’être « un instrument de Satan », mais aussi un libertin, un pélagien, un anabaptiste, un papiste et même un voleur. Il répondit en novembre 1563 que, ces termes s’excluant, il ne pourrait donc se voir reprocher des méfaits contradictoires… Epuisé par sa tâche, usé par les calomnies, il mourut à l’âge de quarante-huit ans le 29 décembre de la même année, pour la joie de ses contempteurs comme Bullinger : « Castellion est mort, tant mieux. » On ensevelit sa dépouille sous le cloître de la cathédrale de Bâle.
Pour Castellion, la religion se ramène à la foi et la foi à l’effort moral. Etienne Giran souligne bien que l’hérétique – littéralement, celui qui choisit – a mis en évidence la différence essentielle entre foi et croyance. Castellion privilégie en effet l’esprit sur la lettre, le libre examen sur l’obéissance au dogme. Tout est révisable et indéfiniment perfectible. Au centre de sa pensée se trouve la conscience (voix de Dieu en nous), ce « sens propre » qu’il place au-dessus des institutions, de la tradition. Libre, l’homme est placé en face du devoir que sa conscience le pousse à accomplir. Il nous donne cette conception de l’homme libre, donc responsable, donc solidaire, chère à Ferdinand Buisson.
Selon ce dernier : « Penseur solitaire, traité tour à tour de rêveur creux et de dangereux conspirateur, novateur plus redouté que connu, fuyant le bruit, ne parlant que sous l’aiguillon de la conscience qui le faisait polémiste malgré lui, il semble [que Castellion] meure tout entier avant d’avoir dit tout haut sa pensée, et l’on devait s’attendre à voir promptement s’effacer le sillon qu’il avait plutôt tracé que creusé. » Reste que, écrit le même Buisson dans une brochure éditée en 1926 à l’occasion de l’inauguration, à Saint-Martin-du-Fresne, de la plaque commémorative dont il va être question dans les pages suivantes, « l’homme qui a consacré sa vie entière à la liberté de conscience » a fait entendre « avec deux-cents ans d’avance la voix de la Révolution, qui est celle de la raison et des droits de la personne humaine ».
On ne peut donc que louer ceux qui, aujourd’hui, s’emploient à raviver sa mémoire et cultivent son exigence morale.

Samuël Tomei .
Auteur d’une thèse de doctorat d’histoire contemporaine sur Ferdinand Buisson (1841-1932) – Protestantisme libéral, foi laïque et radical-socialisme, Lille, ANRT, 2004, 888 p. (deux tomes).

Ayant eu vent d’un projet de déplacement du monument dédié à Sébastien Castellion, à Saint-Martin-du-Fresne (Ain), Christian Buiron a poussé la curiosité en menant ses investigations sur l’érection de cette stèle.
Peu de chercheurs se sont intéressés à cet homme essentiel dans l’histoire de la tolérance et de la liberté de conscience, et pourtant presque ignoré depuis le XVIè siècle.
Sa curiosité aurait pu être satisfaite après la mise à jour d’un historique rempli de controverses et de débats, flétri par une dégradation en 1942 et rehaussé par une seconde inauguration en 1953.
Mais c’était sans compter sur trois points mystérieux, au détour d’un article du Journal de l’Ain du 13 septembre 1926 : « Les Frères ∴ n’auront pas à se fouiller pour couvrir les frais. »
Il fallait donc aller plus loin…
Derrière l’histoire de ce monument à l’aspect austère, se cache une étonnante histoire : celle de la réunion de plusieurs influences.
C’est à partir d’une idée émise en 1868 par Edmond Chevrier, écrivain vraisemblablement protestant, qu’un Franc-maçon, François-Claudius Sengissen, s’est engagé en 1892 dans ce qui fut un véritable combat pendant plusieurs décennies. Il parvint à imposer ce monument grâce au précieux concours de parlementaires francs-maçons, et d’hommes politiques radicaux-socialistes.
Ferdinand Buisson, auteur d’une remarquable thèse, Sébastien Castellion, sa vie et son œuvre, de passage à Bellegarde-sur-Valserine en 1911, s’est engagé de tout son poids. Agrégé de philosophie, directeur de l’enseignement primaire, il a supervisé la conception des lois sur la laïcité et a été le cofondateur et président de la Ligue des droits de l’homme. Après l’inauguration, en 1927, le prix Nobel de la paix lui sera attribué conjointement avec Ludwig Quidde. Puis Etienne Giran, président de l’Union de libres penseurs et de libres croyants, se range au côté de Buisson. Ils symbolisent le protestantisme libéral.

Francs-maçons, radicaux-socialistes et protestants réussissent en 1926 : ils se retrouvent pour rendre hommage à Sébastien Castellion dont les idées qui dénotaient en son temps, finiront par s’imposer avec la Révolution française et la République laïque.

Je sais que certaines personnes comme Jean Marc Berthoud, d'obédience calviniste sont "reconstructionnistes" dans la lignée de Rushdoony aux states et qu'ils sont théonomistes ce qui est l'application de la théocracie, où le code mosaïque tient lieu de loi : on brûle par exemple les sorcières.

Finalement pour les calvinistes de cette sorte je me demande à quoi peut bien servir l'évennement Jésus car Moïse suffit.

Bonjour,
depuis la votation de dimanche, au sujet des minarets suisses, les commentaires sur la toile sont nombreux.

Le plus adéquat, il me semble, fut posté il y a 2500 ans, environ : Pythagore, intéressé par la Beauté abstraite
( maths ) et concrète ( Musique ) aurait écrit :

( Approximatif, merci de me corriger le cas échéant )

"la bêtise humaine est la seule chose qui donne ( en nombres entiers ) une idée de l'infini. "

Très cordialement,
Dizzy Calvin

Genève n'est plus calviniste !! La ville et le canton de Genève ont prouvé ce 29 novembre 09 qu'ils vivaient selon les principes de Castellion : le respect des croyances des autres, l'égalité de traitement. Merci à l'humanité pour l'évolution dont elle capable !

Voici quelques liens intéressants sur la problématique de l'applicabilité d'une initiative aussi malfaisante que dangereuse.

- http://www.arcinfo.ch/home/home-arc/article/225679.html

- http://www.24heures.ch/actu/suisse/gauche-seule-plaider-initiative-anti-...

Ne restons pas sans réaction devant le côté sombre de l'être humain qui nuit à nos libertés!

ludovic lagana

29 novembre 2009 : la Suisse, en votation populaire, interdit la construction de minarets sur son territoire. Dans les cantons de Genève, de Vaud, de Neuchâtel et de Bâle-Ville (la ville qui a accueilli Castellion, après son départ de Genève) les citoyens ont refusé cette interdiction qui contrevient à la liberté de religion et au principe d'égalité qui sont en vigueur dans notre pays. Il conviendra de voir si cette nouvelle disposition sera jugée anti-constitutionnelle par le Tribunal fédéral et contraire aux normes internationales par la Cour des droits de l'homme de Strasbourg. Mais, en attendant, la tristesse et la colère sont là. Non, pas nécessairement la colère des musulmans de Suisse qui n'ont jamais désiré ériger des minarets à chaque coin de rue helvétique ! Mais la tristesse et la colère de beaucoup de Suisses et d'habitants de ce pays qui vont devoir vivre avec cette décision populaire qui dit tant de choses sur la peur de l'autre et la peur des libertés individuelles. Le Projet Castellion 2015 est, en tant que tel, un mouvement apolitique, mais il est une plate-forme de réflexion et de communication. Comme nous avons reçu des mails exprimant tristesse et consternation à l'annonce du résultat des votations du 29 novembre, nous voulions vous informer que nous ouvrons un sujet de discussion - dans notre rubrique Blog - qui est à votre disposition si vous voulez vous exprimer sur ce sujet. Cette rubrique "Exprimez-vous" vous est bien entendu aussi ouverte
.
Toutes les discussions concernant la liberté de conscience et le libre exercice de cette liberté ont un lien avec le combat de Sébastien Castellion pour la tolérance et le respect des croyances de chacun.

Cette votation nous rappelle, si besoin était, que la liberté religieuse et la liberté de conscience sont des sujets d'actualité. C'est ce que nous voulions dire en réagissant au Jubilé Calvin 09. Il n'est pas anodin aujourd'hui de "fêter" Calvin qui avait interdit la religion catholique sur le territoire genevois. D'une certaine manière, cela signifie qu'interdire une religion n'est pas quelque chose de choquant pour un citoyen du 21ème siècle. Comme nous le rappelle le théologien protestant Bernard Reymond, il n'y a pas si longtemps, les protestants vaudois interdisaient la construction de clochers pour les églises catholiques sur territoire vaudois. ( cf l'article du Nouvelliste : http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/suisse/quand-le-canton-de-vaud-inter... ), aujourd'hui on interdit les minarets. N'oublions jamais que nos libertés ne sont jamais acquises. Et pour ceux qui pensent que les défendre est superflu, n'oublions pas que la votation du 29 novembre est issue d'une initiative émanant du peuple. Les ennemis des libertés, eux, sont toujours au travail.

En libre pensée avec chacun,

Le Collectif Castellion 2015

bonjour, nous sommes une compagnie theatrale professionnelle francaise, et nous avons créé une pièce nommée 'castellion contre calvin". Vous pouvez en voir un extrait ici : http://www.dailymotion.com/video/x20pve_castellion-contre-calvin-conscie... Cette pièce melange des textes de Castellion, Calvin, et Stefan Zweig. N'hésitez pas a nous contacter pour plus de renseignements

Contrairement à l'article paru dans Le Courrier, il existe à Genève un chemin Sébastien-Castellion. Il se trouve sur la commune de Cologny.

Merci pour tout ce concentré d'informations pertinentes. Pour ma part, je ne connaissais pas très bien le sujet, et ce site m'a permis d'y voir plus clair. J'ai découvert le personnage de Castellion et j'ai maintenant envie de le lire. En tous cas, je serai des vôtres pour le fêter en 2015, c'est vraiment une idée positive et la tolérance religieuse est une idée qui est véritablement d'actualité. J'ai trouvé très bizarre toute cette commémoration autour de Calvin cette année et suis content de voir que je n'étais pas le seul mal à l'aise.

P. Meyer

Bienvenue sur le site Castellion2015.ch ! Vous êtes sur une plate-forme d'expression, alors exprimez-vous !

Bonjour,

Merci beaucoup pour vos éclairages nuancés autant que précis. Voici déjà quelques années que j'ai lu l'excellent livre de Stefan Zweig, référencé et par le moyen duquel je suis parvenu jusqu'à votre site Internet. Celui-ci m'avait ouvert les yeux sur ce que l'on pourrait appeler un "papisme néo-protestant" !
Mais je suis surpris qu'un écrit exceptionnel, dont l'approche subtile prend généralement à rebours la question du protestantisme, qui plus est l'auteur étant un suisse ( ! ), ne se trouve jamais cité ni référencé ? Il s'agit de l'étude suivante, qui à elle seule constitue, de par sa forme comme de son fond une sorte de "traité" extrêmement profond. Il y montre, notamment, en effet qu'il convient de bien distinguer la grandeur de la doctrine Luthérienne de ces déformations absurdes et reflet d'un rationalisme superficiel :

- Frithjof SCHUON (1907 - 1998 ; voir site Internet : www.frithjof-schuon.com ), "La question de l'Evangélisme", in, "Christianisme / Islam : Visions d'Oeucuménisme ésotérique", Ed., Archè et Edidit, Milan & Paris, 1981, pp 35 à 71.

Merci encore pour votre votre intérêt,
Avec mes meilleures salutations
Tom Bombadil